
AOP-IGP : comment délimite-t-on un territoire ?
Derrière chaque produit sous AOP (Appellation d’Origine Protégée) ou IGP (Indication Géographique Protégée), il y a un territoire défini de façon très précise. Le tracé de ces zones résulte d’un travail d’étude approfondi.
L’objectif est de démontrer le lien entre un produit et son origine géographique. Pour cela, des experts analysent un ensemble de facteurs naturels et humains qui influencent directement les caractéristiques du produit. Nature des sols, relief, climat, ressources locales, pratiques agricoles, histoire du territoire, savoir-faire transmis au fil des générations ou encore réputation du produit : tous ces éléments sont étudiés pour comprendre ce qui rend une production unique et indissociable de son lieu d’origine. On peut alors justifier scientifiquement et historiquement les limites du territoire retenu.
Trois zonages différents sont établis et concernent nos filières :
• Le premier concerne la définition d’une aire géographique, c’est-à-dire le territoire dans lequel peuvent être réalisées les étapes de production prévues par le cahier des charges. Pour une AOP, toutes les étapes doivent s’y dérouler. Pour une IGP, au moins une étape de la production, de la transformation ou de l’élaboration doit y être effectuée..
• Dans certains secteurs, en particulier la viticulture, une délimitation encore plus précise est possible. On parle alors d’aire parcellaire. Basée sur le cadastre, elle permet d’identifier de façon très fine des parcelles qui présentent des variations localisées concernant le sol, l’exposition, l’altitude ou le relief, propres à la production concernée.
• Enfin, des zones particulières peuvent être définies pour certaines étapes spécifiques, comme par exemple l’élevage des animaux.
La délimitation d’une AOP ou d’une IGP est donc bien plus qu’un simple tracé sur une carte : elle matérialise le lien entre un produit, son terroir et le savoir-faire des femmes et des hommes qui le produisent.



